
QUEMENEVEN
(KEMENEVEN)
La commune de Quéménéven (Kemeneven en breton) est située au Nord de Quimper, dans la région qu'on appelle le Porzay, zone agricole fertile, entourée de collines et s'ouvrant sur la Baie de Douarnenez. Située en contrebas de la partie Est de la montagne de Locronan (280 m), aux abords du Bois du Duc, cette sympathique commune compte une superficie de 2821 hectares pour plus de 1100 habitants.
La particularité de Quéménéven est d'être divisée en trois partie distinctes bien intégrées dans le paysage bocager : A l'Ouest, Kergoat, au centre, Le Bourg, et à l'Est, La Gare. Cette dernière, de création récente, s'est constituée autour du développement des chemins de fer dans les années 1860, après la construction de la ligne Quimper-Brest.
De nombreuses rivières, dont le bassin hydrographique alimente le Steir, prennent leur source dans la commune. Le Steir, lui-même affluent de l'Odet à Quimper, traverse le territoire de Quéménéven en formant, dans son cours supérieur, une frontière naturelle avec la commune de Cast. Les prairies humides, parfois marécageuses, résultants de cette profusion de petites rivières, sont favorables aux pâturages. Si l'élevage bénéficie de ces prairies abondantes l'agriculture n'est pas en reste avec la culture de céréales, pommes de terre, maïs et autres légumineuses.
Haut de page
Le territoire de Quéménéven est habité et cultivé depuis des millénaires, comme le prouve quelques vestiges archéologiques, telle cette tombe de l'Age du Bronze découverte à Kérimenton en 1953, ou encore un menhir enfoui retrouvé sur les terres de Kerhuon en 1965 et datant du Néolithique. La toponymie garde parfois le souvenir de ces monuments mégalithiques. Ainsi le village de Lezlia, qui signifie " la cour ou la résidence du dolmen (lia) ".Haut de page
L'ancien nom de Quéménéven, à la période médiévale, est Kemenet Maen ou Kemenet Vaen, que l'on rencontre dans plusieurs actes du Cartulaire de la cathédrale de Quimper. Le terme Kemenet, (en breton kemmen, annoncer, ordonner), désigne un fief, une seigneurie banale, dont le possesseur détenait des droits importants comme ceux de commandement et de justice. Quéménéven a donc une origine féodale ; ce serait, à l'origine, le kemenet, la seigneurie de Maen, un féodal dont on ne sait rien. Par la suite, la paroisse de Quéménéven serait née d'un démembrement de celle de Plonévez-Porzay, intervenu avant le XIIIe siècle.
Un autre personnage historique est connu à Quéménéven. Il s'agit du meunier de Coat-Squiriou (prés du bourg), Laurent Le Quéau, qui fut l'un des meneurs de la Révolte dite des " Bonnets Rouges ", au XVIIe siècle.
Le sacré est partout à Quéménéven : église, chapelle, fontaines, calvaires, croix ... Au bourg, on trouve l'église paroissiale, qui a pour patron Saint Ouen, tandis qu'à Kergoat trône l'un des joyaux de la commune, entretenu par une association dévouée (l'association Evit Buez ar Chapel Kergoat) : la chapelle de Notre-Dame de Kergoat, célèbre lieu de pèlerinage, représenté en 1891 par le peintre Jules Breton. Une peinture qui fit même un petit séjour aux Etats-Unis (ils ont quand même bon goût les américains ...) avant d'être rachetée récemment par le Musée de Quimper au milieu des années 90. A noter, les vitraux de la nef qui mérite l'attention du visiteur, et qui datent du XVIe siècle. Un grand pardon se déroule à Kergoat tous les ans, le dimanche suivant le 15 aout. Il attirait autrefois une foule de pélerins. Une fontaine dédiée à Notre-Dame de Kergoat se trouve au pied de la montagne de Locronan, à quelques centaines de métres de la chapelle. C'est aux abords et sur cette montagne que se déroule la troménie, pèlerinage connu mondialement et qui se déroule tous les six ans, sur le modèle du calendrier celtique. Cette troménie, qui attire des milliers de pélerins, passe d'ailleurs sur une partie de la commune de Quéménéven, à l'Ouest de Kergoat.Haut de page
Si le patrimoine de la commune est des plus intéressants, il faut noter aussi le calme qui y régne. A l'écart des principales routes (sauf Kergoat, situé sur la D 7) mais proche des agglomérations de Quimper, Douarnenez et Châteaulin, la commune se caractérise par une ambiance " apaisante ". Ambiance de calme et de bien-être encore accentuée lorsque l'on se ballade dans les sous-bois, où abondent myrtilles et champignons, au gré des saisons, sur les chemins du bois du duc, bois planté de feuillus, chênes, hêtres, bouleaux et autres châtaigniers.
Haut de page
©Erwan Crouan
Sources : Pays du Porzay et Ménez Hom, 1991.